Exposition du 2 juillet au 11 septembre 2022.

J’ai commencé ma longue histoire d’amour avec la Mongolie en 1991, le pays venait de rompre avec cinquante ans de communisme. Le pays était dans un état de délabrement avancé, la nourriture et l’essence rares. Dans ce pays peuplé majoritairement d’éleveurs nomades, il était impossible de trouver simplement du lait.

Mais ce premier voyage était tout simplement l’aboutissement d’un rêve de gosse, celui d’un petit garçon, d’un citadin, d’un enfant de la banlieue. C’est dans l’immensité de la steppe mongole que mes rêves ont, un jour, pris le large. Depuis, lorsque je pars en Mongolie, c’est comme une échappée belle. Je suis le plus souvent actif, volubile et parfois pressé, mais je me laisse alors happer par l’immensité, étourdir par le silence. Et dans la steppe, on ne voit que ça : l’espace. On n’entend que ça : le silence.

En quittant Oulan-Bator, passée la dernière HLM, on entre en immensité. Et comme dans les rêves d’enfance, la terre se peuple de chevaux, de cavaliers, de cavalcades.
Pas étonnant qu’il y ait beaucoup de photos d’enfants dans mes images. Comme dans toutes les sociétés traditionnelles, les enfants des nomades de Mongolie sont associés aux menus faits et gestes de tous les jours : chercher l’eau, ou l’argal, cette bouse séchée qui sert de combustible.

Rattraper un cheval fuyard. Conduire un poulain à la jument pour la traite, etc. Mais s’il y a autant de photos d’enfants, c’est aussi parce qu’ils vivent pour de vrai les rêves de tous les petits garçons du monde. Ils sont les rois d’un monde plein de démesure, les rois de la steppe.

Michel Setboun


Michel Setboun

Michel Setboun est né en 1952 à Bône en Algérie. Diplômé d’architecture, il commence à travailler en tant que photographe en 1978.

Jusqu’en 1983, pour l’agence SIPA, il couvre la révolution en Iran, la lutte d’indépendance en Angola, l’Afghanistan, la guerre Iran-Irak, puis la guerre civile au Liban. Il est blessé au Salvador en pleine guerre civile.

Michel Setboun

http://www.setboun.com/

De 1983 à 1985, il travaille pour l’agence Black Star France en Inde, en Afghanistan et en Suède. Pendant six ans (1985-1991), il effectue des reportages en Corée du Sud, en Albanie, en Mongolie et à Rio pour l’agence RAPHO.

Indépendant depuis 1991, ses photos sont publiées par Géo, Le Figaro Magazine, Le New-York Times, Life, Paris Match, Stern…
Premier prix au World Press pour un reportage sur l’expulsion de deux millions de réfugiés au Nigeria, il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages.